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Le Fonds des générations est financé exagérément par les Régions Ressources du Québec !

SAGUENAY – Depuis 2006, le Québec s’est doté d’un fonds unique en Amérique du Nord : le Fonds des générations, dont l’objectif est de contribuer au remboursement d’une partie de la dette cumulée au fil des ans par le gouvernement québécois.

Par Roger Boivin,
Chroniqueur économique

L’an prochain, le montant total déposé au fond atteindra un respectable montant de 13 milliards de dollars, soit environ 1,1 milliard de dollars versés en moyenne chaque année.

Si nous sommes nombreux à appuyer l’objectif vertueux de ce Fonds original, que savons-nous de son financement ? En vertu de la loi qui l’a mis en place, le Fonds bénéficie d’un revenu annuel provenant d’une taxe sur les boissons alcoolisées, des revenus provenant de la vente par le gouvernement de divers biens non réclamés, des redevances minières, des redevances hydrauliques payées à Québec par les producteurs privés d’hydroélectricité, ajoutons la contribution d’Hydro-Québec, de même que d’autres sommes provenant des activités de cette société. Finalement, les intérêts générés annuellement par les sommes déjà déposées au Fonds  continuent de s’y accumuler.

À première vue donc, rien de bien particulier me direz-vous, mais regardons-y de plus près. Indéniablement, les redevances minières viennent essentiellement des régions dites ressources, alors que la très grande majorité de l’hydroélectricité du Québec (qu’elle soit produite par le privé ou par Hydro-Québec) vient de cette même source. Un calcul de base permet d’établir que près de 70 % des revenus du Fonds des générations proviennent des régions ressources soit : le Saguenay-Lac-Saint-Jean, la Mauricie, l’Abitibi-Témiscamingue, le Nord du Québec, la Côte-Nord, la Gaspésie-Iles-De-La –Madeleine et le Bas-St-Laurent.

Ensemble ces sept régions comptent 13,7 % de la population du Québec. Ainsi, ces territoires qui ne comptent que pour 13,7 % des citoyens du Québec fournissent dans les faits près de 70 % (soit cinq fois plus que leur poids démographique) des sommes annuelles consacrées au remboursement de la dette de tous les Québécois! Sachant que le Saguenay-Lac-Saint-Jean représente à lui seul environ le quart de la population des sept régions ressources, c’est donc l’équivalent de 185 millions de dollars (soit quelque chose comme 500 000 $ par jour) que nous envoyons chaque année pour rembourser la dette de tous nos concitoyens.

Si cette somme était utilisée, par exemple, pour payer des salaires à raison de 1000 $ par semaine, c’est l’équivalent de 3 000 nouveaux  emplois (bien rémunérés) qui seraient immédiatement créés ici au Saguenay-Lac-Saint-Jean! Bien sûr, nous convenons tous qu’Il faut faire des efforts pour assurer le remboursement de la dette du Québec, mais ces sacrifices devraient être répartis équitablement entre tous les Québécois. À tout le moins, une partie de cet argent devrait nous revenir sous la forme, à titre d’exemple, d’un fonds de diversification économique.

Considérant le contexte très difficile vécu par les régions ressources, continuer de leur demander de contribuer de façon cinq fois plus importante que les autres au remboursement de la dette du Québec est insoutenable.

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