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Taimi, maître mondial du raccord rotatif

SAINT-PRIME – De retour il y a quelques jours du « Demo International 2016 » à Maple Ridge en Colombie-Britannique, l’équipe de Taimi de St-Prime a pu constater que les raccords hydrauliques rotatifs développés par l’entreprise équipaient 96 % des équipements forestiers en opération sur le site de cet événement d’envergure mondiale.

Pour Sébastien Tremblay, copropriétaire et directeur général de Taimi, il s’agit d’une forme de reconnaissance très satisfaisante et rassurante de la qualité et de la fiabilité des produits de l’entreprise primoise, qui fête ses dix ans d’existence. Il était sur place avec son associée et contrôleuse, Claudie Taillon. « On revient enchantés. On a vu plusieurs clients potentiels sur place et on a pu montrer pourquoi autant de gens nous faisaient confiance… Montrer ce que les autres (clients) font avec nos pièces. Nous avions 164 produits sur 28 machines, de 7 grands fabricants », confie l’homme d’affaires.

Une technologie d’une redoutable efficacité

Le produit qui a mis Taimi au monde a été conçu par le troisième associé et président de l’entreprise Michel Taillon. Ce technicien-concepteur innovateur a repensé le raccord hydraulique rotatif, il y a dix ans, pour améliorer la fiabilité et la durabilité de cette pièce critique. À l’époque, tous les fabricants d’équipement destiné à l’industrie forestière éprouvaient des problèmes récurrents de fuites d’huile provenant des systèmes de coupes.

Il faut comprendre que les canalisations et les raccords transportant les fluides hydrauliques sont soumis à des mouvements, à des chocs et à des forces de torsions intensives, qui les endommagent et occasionnent des fuites à répétition. Pour les entreprises cela se traduit en perte de temps, d’argent, en risques d’accidents et en problèmes environnementaux.

L’utilisation des raccords rotatifs permet d’éliminer une partie de ces problèmes, pourvu que ceux-ci soient durables et performants, ce qui était loin d’être le cas jusqu’à l’arrivée de Taimi sur le marché. Le produit développé par l’entreprise de St-Prime a provoqué une petite révolution dans le « milieu restreint » des fabricants de ce type de pièces. En fait, dès 2006, les améliorations imaginées par Michel Taillon ont permis à son dispositif d’atteindre une durée de vie de 6 à 25 fois supérieure, en comparaison aux autres raccords fabriqués par les compétiteurs.

C’est à cette époque que Taimi a été fondée pour commercialiser cette innovation. Dès lors que la mise au point du raccord est complétée, le concepteur va la tester sur des équipements en production pour valider sa performance dans des conditions réelles d’utilisation. Les essais sont probants et dépassent même les attentes. La pièce s’avère extrêmement résistante et ne fuit pas. Toutefois, malgré cette formidable prouesse technique, il reste le défi de la commercialisation, qui se fera petit à petit.

Le plus robuste et le plus fiable

Progressivement, les entreprises qui essaient les raccords Taimi, l’adoptent. En 2007 la chance sourit à l’entreprise naissante alors que la compagnie Gates, un important distributeur mondial d’équipements hydrauliques, décide de tester le raccord rotatif de Taimi en laboratoire et de le comparer à ceux des compétiteurs. Les résultats sont renversants. Pour les spécialistes de Gates, le raccord rotatif de Taimi est définitivement « Le plus robuste et fiable du monde ».

À tel point que la multinationale de la distribution décide d’inclure ces raccords dans sa liste de produits. C’est la consécration. La crédibilité des raccords Taimi est établie. Puis arrive la crise financière mondiale de 2008. C’est la catastrophe. Bien entendu, comme les actionnaires de Taimi ont toujours été prudents, la récession, qui a notamment mis l’industrie forestière à genou, a secoué l’entreprise sans jamais la mettre en danger.

Devenir la référence

La commercialisation du produit, qui se décline maintenant en différentes versions et formats, se poursuit doucement, mais sûrement. « Malgré la dernière crise, nous avons connu une croissance graduelle. C’est probablement mieux comme ça. Il faut savoir qu’avant d’introduire nos produits dans leurs équipements, les fabricants de machinerie forestière prennent le temps de les tester. Dans le cas de John Deere, ça a pris trois ans. Il faut faire preuve de patience et ne jamais mettre de pression, sans jeu de mots, », confirme Sébastien Tremblay.

Il poursuit : « Depuis quelques années notre marché a migré vers les ‘’cartouches’’ fixées sur des blocs hydrauliques. Autrement dit, nous avons raccourci notre raccord pour qu’il soit installé directement sur les dispositifs des clients. Ça permet de produire des systèmes beaucoup plus compacts et versatiles. Si bien qu’aujourd’hui, les fabricants commencent à modifier leurs propres équipements pour permettre d’y fixer nos produits. C’est une grande reconnaissance. Nous sommes maintenant devenus la référence » assure-t-il.

Offensive vers l’industrie pétrolière

Les produits développés par Taimi ont été pensés principalement pour les besoins de l’industrie forestière. Toutefois, tout équipement qui utilise des canalisations hydrauliques est susceptible d’être amélioré par les raccords de l’entreprise primoise. D’ailleurs, Sébastien Tremblay confirme que même si 85 % des ventes sont réalisées chez les fabricants d’équipement destiné à la forêt, d’autres acteurs de la production industrielle ou agroalimentaire ont intégré les produits Taimi dans leur machinerie. Le DG confirme aussi que plusieurs clients commandent, de plus en plus souvent, des pièces sur mesure.

Toutefois, c’est surtout vers l’industrie pétrolière qu’ont porté les efforts de développement de l’équipe de Taimi au cours des derniers mois. Sébastien Tremblay confirme qu’une importante offensive est en cours avec une entreprise des Pays-Bas, qui exploite des plateformes pétrolières océaniques. « On a été approchés par une compagnie de Pays-Bas. Ils ont des problèmes de fuite de pétrole dans l’océan. Nous leur avons créé un produit spécifique, adapté à leurs besoins. Notre équipement a été testé en Asie et les essais ont été concluants. Nous attendons la suite », confie le DG de Taimi.

Tout ça à partir de Saint-Prime?

Pour Sébastien Tremblay l’exemple de Taimi est la preuve incontestable qu’une entreprise d’envergure mondiale peut naître et prospérer à St-Prime. La distance entre les clients et l’entreprise n’a jamais représenté un problème pour le DG.

« Nous sommes à seulement une journée de plus de transport qu’à Montréal. C’est négligeable. De plus, à St-Prime, nous sommes proches de la forêt pour tester nos dispositifs et ça coûte beaucoup moins cher d’opérations qu’en ville. Par ailleurs, notre salle de montre, c’est notre portail web que nous entretenons rigoureusement et qui est refait aux deux ans. C’est notre place d’affaires et il est traduit en huit langues » explique Sébastien Tremblay. L’homme insiste pour dire que Taimi apporte de l’argent frais en région et qu’il provient de plusieurs régions du monde. « Et 95 % de nos dépenses d’opération sont au Saguenay–Lac-Saint-Jean », conclut-il fièrement.

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