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Mot de l’éditeur | Les ressources naturelles, ces mal-aimées

Au cours du mois d’octobre, nous avons participé à une mission d’observation auprès de l’industrie pétrolière albertaine, organisée à l’initiative de la Chambre de commerce du Canada. Je me suis donc rendu, accompagné de notre chroniqueur économique Roger Boivin, dans « La Mecque » de la production de pétrole et de gaz canadien.

J’y ai notamment eu l’opportunité de visiter quatre entreprises de différents gabarits, exploitant ces importantes ressources naturelles. On nous a aussi présenté et abondamment expliqué les trois méthodes et technologies d’extraction de l’or noir utilisées dans cette région. En somme, une visite fort intéressante et instructive sur une industrie complexe et méconnue chez nous.

Bien entendu, je suis arrivé en Terre albertaine équipé de mes perceptions et préjugés, basés principalement sur les échos des médias québécois et nationaux, qui publient abondamment sur un secteur économique dont les pratiques sont souvent questionnées.

J’y ai découvert une industrie dont l’importance pour l’économie de l’Alberta et de l’ensemble du Canada est évidemment très structurante, malgré les soubresauts des derniers mois, affectant ce secteur énergétique à l’échelle de la planète.

J’y ai surtout découvert des entreprises et organisations qui exploitent des ressources avec sérieux et professionnalisme; ils sont d’ailleurs soumis à des normes environnementales très sévères. J’y ai surtout rencontré des professionnels et des travailleurs fiers de ce qu’ils font. Des gens passionnés et soucieux de laisser une économie durable pour les générations futures. Des gens qui ont des familles, des amis, une vie et des valeurs. Du vrai monde quoi!

Bien entendu, l’industrie pétrolière a des impacts significatifs sur l’environnement et sur le bilan mondial des GES, notamment la production issue des sables bitumineux. Il faut cependant constater que les méthodes d’extraction et de transformation se sont grandement améliorées et utilisent moins d’eau et d’agents chimiques que jamais. Ce qui est une très bonne chose évidemment.

Bien sûr, je suis conscient que cette mission constituait une forme d’opération séduction pour les entreprises et organisations qui nous ont reçus. Même si j’ai encore de nombreux questionnements au sujet de la production pétrolière albertaine, je vous avoue que ma perception de cette industrie a changé. J’ai réalisé plus que jamais l’importance d’aller sur place pour aller au-delà des préjugés et de comprendre une réalité de ce que parties prenantes et les gens impliqués vivent et réalisent sur le terrain.

Cela dit, l’objectif de ce texte n’est pas de promouvoir l’industrie des sables bitumineux, mais plutôt de parler des perceptions publiques souvent tronquées quand il s’agit de parler de l’exploitation des ressources naturelles. D’ailleurs, la communauté économique du Saguenay–Lac-Saint-Jean est bien au fait de cette réalité.

Depuis le début des années 2000, l’industrie de la forêt a subi son lot de crises et de déboires. Particulièrement à la suite du lancement du documentaire « L’Erreur boréale » en 1999, qui a créé et stigmatisé une réputation plus que douteuse sur le dos des exploitants de la forêt québécoise. Différents groupes environnementaux ont ensuite pris le relais pour, à tort ou à raison, ternir encore davantage l’image de cette industrie qui était jusqu’alors la plus structurante de la région. Évidemment, ce n’est pas la seule cause des difficultés du secteur forestier, puisque les cycles économiques et les relations commerciales difficiles avec nos voisins du sud, combinées au resserrement des règles entourant la cueillette de la matière ligneuse, ont eu un impact désastreux sur cette industrie.

Je ne prétends pas ici que les entreprises forestières n’ont rien à se reprocher. Je ne juge pas non plus de la pertinence des interventions des organisations qui se donnent, véritablement, la mission de protéger l’environnement. Ce que je dis est que, autant pour le pétrole que pour la forêt, il est essentiel d’aller au-delà des rumeurs et des clichés et se rendre directement sur le terrain, constater ce qui s’y passe vraiment et réaliser que les façons de faire se sont grandement améliorées

Toutefois, les guerres d’images alimentées et soutenues par les nombreux lobbys qui gravitent autour des gouvernements ont eu comme résultat insidieux que l’exploitation des ressources naturelles a été largement démonisée dans l’opinion publique. L’impact a été dévastateur et insidieux dans toutes les régions du Québec. Chez nous, il a été un des éléments qui ont provoqué la déstructuration de l’industrie et une démotivation des parties prenantes et des acteurs sur le terrain, notamment pour le recrutement des travailleurs.

Il reste cependant de l’espoir pour la région puisque les communautés, les organisations et les entreprises qui dépendent de la forêt se sont concertées. Au cours des derniers mois, d’infatigables et dynamiques intervenants ont entrepris une importante offensive pour rétablir l’image et la réputation des exploitants de ce secteur en grande mutation. Ils s’appliquent également à rééquilibrer le rapport de force entre une industrie affaiblie et certains groupes environnementaux qui s’alimentent et vivent de la polémique créée sur le dos de ces industries.

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