Opinion

Greenpeace menace les communautés forestières

Une lettre d’opinion de Jean-Pierre Boivin, Président Alliance Forêt Boréale, Québec-Ontario et Préfet de la MRC Maria-Chapdelaine

À titre de président d’Alliance Forêt-Boréale, Québec-Ontario, je crois qu’il est pertinent de s’inviter dans un débat qui menace notre avenir. Dans son édition du 22 mars, La Presse + publiait un texte signé par Joanna Kerr, la directrice générale de Greenpeace Canada. Elle y affirme que Produits forestiers Résolu se trompe de combat en traînant Greenpeace devant les tribunaux. Ce texte était de toute évidence rédigé à l’intention de lecteurs peu ou pas informés de la campagne de désinformation, souvent mensongère, que mène Greenpeace depuis près de 10 ans contre Abitibi-Consolidated, puis Bowater, maintenant regroupées sous le nom de Produits forestiers Résolu.

Mme Kerr affirme que les allégations de Greenpeace contre Résolu sont toutes exactes et qu’elles s’appuient sur des fondements scientifiques. Elle oublie cependant de mentionner qu’après avoir lancé des accusations mensongères contre Résolu en décembre 2012, Greenpeace avait publié au printemps 2013 une rare rétractation après qu’il fut démontré que toutes ces accusations de Greenpeace étaient fausses.

Dans les communications qui ont suivi, Greenpeace prétendait avoir consulté la mauvaise carte. C’était encore une tromperie, car les accusations de Greenpeace ne reposaient pas que sur une carte. Il y avait eu survol en avion, visites sur le terrain, utilisation de photographies aériennes et quoi encore. La rétractation de Greenpeace est encore facilement trouvable sur le web pour quiconque voudrait la consulter.

Cette campagne que mène Greenpeace et souvent d’autres groupes a déjà coûté de nombreux emplois à notre région. La façon de faire de Greenpeace est aussi simple qu’efficace : une lettre est envoyée à des clients potentiels de Résolu les menaçant d’affecter leur réputation si ceux-ci maintiennent leurs achats de pâte de bois ou de papier auprès de l’entreprise ou même de clients. On les accuse alors de mauvaises pratiques sans jamais être trop précis. Comme si le gouvernement du Québec, les MRC, nos populations et nos travailleurs cautionneraient de tels agissements sans dire un mot. En fait, il s’agit de chantage de la plus pure espèce.

C’est justement pour contrer cette désinformation et faire contrepoids à la campagne de Greenpeace et autres organismes du genre qu’est née Alliance Forêt Boréale Québec-Ontario, dont je suis le président. Cette alliance regroupe plusieurs municipalités et de nombreux travailleurs et sympathisants. Plusieurs municipalités du nord-est de l’Ontario sont également membres de l’Alliance dont le mandat est de « défendre la foresterie durable, le droit de récolter et de créer de la richesse en mettant en valeur la forêt boréale ».

En attaquant le chef de file de l’industrie forestière, et trop souvent notre forêt boréale, ce sont toutes les entreprises du secteur forestier du nord du Québec et de l’Ontario qui sont indirectement visées par Greenpeace. Ça implique des milliers d’emplois qui sont le soutien économique d’autant de familles et ce, dans des communautés souvent mono-industrielles. Dans ce contexte, nous comprenons Résolu de prendre les moyens pour se défendre, en faisant preuve d’un courage que peu d’entreprises ont démontré par le passé lorsque mises dans une situation similaire.

Les poursuites logées devant les tribunaux semblent un moyen approprié pour contrer la désinformation de Greenpeace et de quelques autres groupes utilisant le même modus operandi. C’est en fait à peu près le seul moyen légitime dont dispose vraiment une entreprise pour rétablir les faits et exiger compensation. Si une organisation comme Greenpeace peut se permettre de véhiculer des faussetés, les lois qui encadrent les entreprises et les règles du marché au Québec ne permettent tout simplement pas aux dirigeants d’entreprises de tenir des propos semblables envers le groupe environnementaliste.

Et pourtant, il y aurait tant à faire pour un organisme comme Greenpeace. Ne devrait-on pas mettre toutes ces énergies pour lutter contre la pauvreté, protéger l’eau potable, lutter ensemble contre les changements climatiques, questionner l’utilisation du « charbon propre » chez nos voisins du sud ? Pensons-y!

 

 

 

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