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Arianne Phosphate veut créer son propre client

Dans le but de s’assurer d’un débouché rapide et fiable pour son concentré d’apatite de haute qualité, Arianne Phosphate (AP) a annoncé ce matin (NDLR 8 juin 2017) avoir signé un protocole d’entente avec un grand producteur d’acide sulfurique nord-américain. Le but de ces négociations est de créer une usine de production d’acide phosphorique (engrais) où les deux entreprises pourraient transformer et écouler une partie importante de leurs productions mutuelles.

Une étape stratégique pour le démarrage du projet

Mentionnons que, outre l’apatite, l’acide sulfurique est le plus important intrant dans la production d’engrais phosphatés. Si les discussions aboutissent à un projet de construction d’usine, Il s’agira d’une étape cruciale pour l’entreprise, puisque la signature d’une entente avec un client potentiel pour le minerai d’AP est une condition essentielle à la réalisation du projet du Lac-à-Paul. Selon Jean-Sébastien David, chef des opérations d’Arianne Phosphate, la stratégie derrière ces discussions vise à permettre à la minière de créer littéralement son propre client.

« L’objectif est de créer, avec ce partenaire, un complexe de production d’un concentré de phosphate qui nous permettrait de devenir notre propre client pour une partie importante de notre production minière… Actuellement 85% de la production mondiale de l’acide phosphorique est détenue par des organisations qui intègrent la production d’un concentré de phosphate en aval à leurs opérations ».

Une annonce majeure possible cet été

Le chef des opérations d’Arianne explique que les négociations avec cette entreprise, qu’il se garde d’identifier pour le moment, sont en cours depuis cinq mois et qu’elles s’accéléreront au cours des prochaines semaines. L’homme confirme qu’une annonce majeure pourrait être faite d’ici la fin de l’été. « Nous sommes actuellement dans un marathon. C’est très excitant. Nous sommes rendus à l’étape des batailles de rues et nous sommes plus agressifs parce qu’il y a des producteurs qui ne veulent pas nous voir arriver sur le marché » lance-t-il pour expliquer sur quoi s’appuie cette stratégie de partenariat avec ce producteur d’acide sulfurique d’envergure mondiale.

Une stratégie basée sur l’approvisionnement

De son côté, Brian Ostroff, chef de la direction d’Arianne Phosphate, salue la signature de ce protocole d’entente. « Ce que nous savons de l’industrie, c’est que l’intégration est un facteur clé de la rentabilité et c’est pourquoi 85% de la production mondiale de phosphate est détenue par des organisations qui intègrent la production d’un concentré de phosphate en aval à leurs opérations. Aujourd’hui, il existe de nombreuses opérations qui sont remises en question quant à leur dépendance relativement à leur approvisionnement. De plus, les risques d’approvisionnement sont devenus très évidents avec les récentes perturbations. Cette collaboration permettrait aux deux entreprises d’intégrer leur production respective et de créer une plus-value. La création de cette entité permettrait une protection quant aux situations imprévues de l’approvisionnement externes ». La capacité, le produit final et l’emplacement seront étudiés de manière à mieux évaluer la faisabilité et les décisions concernant ce partenariat seront effectuées à partir de cette analyse.

« Le protocole d’entente permettra aux deux sociétés de mettre en commun leurs connaissances respectives du marché et de déterminer la meilleure façon de faire avancer le partenariat. Les coûts, la logistique et les marchés visés continueront d’être analysés afin de maximiser le plein potentiel du partenariat. En s’alliant, les deux parties pourront bénéficier d’avantages et de coûts concurrentiels sur les intrants de chacune des parties. Ce serait certainement une opportunité intéressante pour les deux organisations », a conclu Bryan Ostroff.

 

 

 

 

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