Jonathan Thibeault
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Jonathan Thibeault

SAGUENAY – À l’occasion de son 50e anniversaire, l’entreprise chicoutimienne Elkem Métal recevait les membres de la presse, hier (7-9-17 NDLR) afin de présenter l’histoire de cette usine et faire visiter ses installations. Selon Pierre Gauthier, président et directeur aux affaires stratégiques de l’entreprise, Elkem Chicoutimi est, malgré qu’elle ne possède qu’un seul four, une des plus performantes du groupe d’origine norvégienne.

Pierre Gauthier explique le phénomène en décrivant ses équipements et son procédé de fonderie, qui ont été adaptés pour permettre de produire trois types d’alliage différents de ferrosilicium avec un seul système de coulée. Située sur le chemin de la Réserve, l’usine produit donc, tour à tour du ferrosilicium, mais surtout du ferromagnésium et du ferrosilicone, des alliages plus exotiques destinés à l’industrie de l’automobile. « Comme nous sommes la seule installation nord-américaine du conglomérat et que le marché nous le permet. Nous avons la chance de faire trois différents types de coulées et tout ça, avec un seul four ayant une capacité de 45 000 tonnes », explique Pierre Gauthier.

La souplesse pour s’adapter à ses marchés

Exportant essentiellement du métal à valeur ajoutée de son usine, l’entreprise écoule aux alentours de 80 % de ses produits auprès des grands de l’automobile au sud de la frontière canadienne. Lorsque survient une baisse de la demande dans ce secteur d’activité, Elkem Chicoutimi délaisse ses produits de niche et se tourne vers la production d’alliages, plus classique, pour les aciéries. « Nous commercialisons surtout des produits de deuxième transformation, comme des métaux de petite épaisseur, mais si les conditions du marché ne sont pas favorables, nous sommes en mesure de nous adapter et d’offrir de la matière première aux producteurs d’acier », précise de son côté le directeur des installations Charles Tremblay. L’homme confirme que l’usine régionale affiche un chiffre d’affaires de 100M$ annuellement.

Peu connue dans la région

Installée dans la région depuis 1967, la compagnie qui embauche une centaine de personnes est très peu connue par la population selon son président. Il estime notamment qu’une des raisons de cette méconnaissance est que la production s’écoule majoritairement auprès de sociétés américaines. « Nous alimentons entre autres les usines de Honda et de John Deere, mais nous faisons aussi des affaires au Canada, sans oublier le fait que nous avons un nombre important de sous-traitants de la région, le Saguenay-Lac-Saint-Jean n’est donc jamais laissé de côté », assure Pierre Gauthier.

Après 50 ans d’opération et plusieurs millions d’investissements dans la région, les gestionnaires de la société norvégienne sont tournées vers l’avenir et étudient de nombreux projets afin, particulièrement, de réduire l’empreinte écologique des installations. Toutefois, selon les propos des deux dirigeants régionaux, un deuxième four pourrait être installé pour augmenter la capacité, à moyen terme, en fonction de l’évolution des marchés. « Depuis un certain temps, on parle d’un deuxième four pour Chicoutimi, mais ça pourrait être un autre projet, ça reste à voir », concluent-ils.

Avec la collaboration de Guy Bouchard.

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