Journal novembre 2021

Pa g e 2 8 | NOV EMB R E 2 0 2 1 I N F ORME A F FA I R E S , L E ME N S U E L É CONOM I QU E D ’ I C I SAGUENAY – Miser sur l’apport culturel d’un savoir-faire pour sus- citer la curiosité du touriste, voici pour résumer la mission des Économusées. Une formule de plus en plus présente dans la région et qui permettrait d’accroî- tre l’attractivité et la rentabilité des entreprises artisanales et des com- munautés qui les entourent. Le rôle de la Société du réseau Économusée (SRÉ) est de chapeauter le développement et s’assurer de la qualité de cette offre touristique. « L’Économusée est une entreprise ou une organisation artisanale recon- nue pour son savoir-faire et ses pro- duits. Pour le formuler simplement, c’est un musée qui présente le métier et la technique qu’emploie un boulan- ger ou encore un souffleur de verre pour réaliser ses œuvres. C’est une formule qui permet aux visiteurs d’avoir un contact privilégié avec l’artisan et ainsi créer une valeur culturelle et touristique », explique Carl-Éric Guertin, directeur général de la SRÉ. Pour inclure un Économusée à ses activités, une entreprise doit obligatoirement répondre aux critères de la SRÉ et en être membre. «C’est le ministère du Tourisme qui nous a mandatés pour développer et enca- drer ce créneau touristique. Notre tra- vail consiste à accompagner les entreprises qui désirent ajouter un Économusée et les organismes exis- tants. L’appellation est un sceau d’excellence. » Un objectif précis L’équipe de la SRÉ et ses membres ont défini au cours des années un modèle structurant le fonctionnement d’un Économusée, de sorte qu’on retrouve plus ou moins le même prin- cipe dans chaque institution. « L’objectif est de mettre en valeur le caractère qualitatif du travail des artisans pour le faire connaître aux visiteurs et pour faciliter les ventes en boutique ». On devrait donc retrouver dans chaque établissement un accueil expliquant l’histoire de l’entre- prise et de ses propriétaires. Ensuite, un tour d’horizon sur les origines de son métier et ses transformations dans le temps. Des pièces et des produits sont présentés pour démon- trer la technique utilisée. Pour termi- ner, un atelier, un volet expérimental et une boutique sont sur place afin de faire vivre une expérience complète au visiteur. Une société qui veille au grain « J’aime dire que nous sommes, les intervenants à la SRÉ, le “9-1-1” des organismes. C’est-à-dire que nous sommes une petite équipe, mais nous répondons toujours présents. Notre tâche d’accompagnement s’amorce au moment où une entreprise entre en communication avec nous. On s’implique à l’idéation, la rédaction des demandes de financement et nous sommes là pour répondre aux questions des bailleurs de fonds. » Chaque demande déposée sur le bureau de monsieur Guertin est attentivement observée. Pour traver- ser le processus, le projet doit pré- senter un potentiel touristique et avoir un aspect économique. La SRÉ est également responsable de promou- voir ses membres auprès de la popu- lation et des agences de tourisme. Elle s’implique aussi au niveau de l’affichage. D’ailleurs, au plus fort de la pandémie, elle s’est chargée de fournir à l’ensemble de ses membres les affiches signalétiques concernant les mesures sanitaires à respecter. Au-delà du démarrage «Bien que l’équipe soit très présente en amont des chantiers, notre travail consiste aussi à offrir des services à l’ensemble des acteurs du réseau tout au long de leur existence. » Située entre les instances décision- nelles et la réalité des intervenants sur le terrain, la SRÉ est la mieux positionnée pour soulever les enjeux du secteur. Parmi ceux-ci, la transi- tion numérique s’impose comme étant un des défis principaux. « Il est impératif que nos PME puis- sent avoir une boutique en ligne et un système de réservation numérique. Les grands joueurs touristiques pos- sèdent ce genre de technologie et cela les rend plus compétitifs. Il faut comprendre que depuis la pandémie, les gens planifient davantage leur séjour. Si les plus petits joueurs tou- ristiques n’ont pas une présence ren- forcée sur Internet, ils passent sous le radar. Pour nous guider dans le choix de nos batailles et orientations, un travail de veille est fait. En observant les grandes tendances à l’étranger, nous avons également soulevé les enjeux entourant le tourisme durable. Une façon de faire en adéquation à des valeurs plus écoresponsables auxquelles nos membres ont adhéré et s’efforcent d’appliquer du mieux qu’ils peuvent. » Une région à fort potentiel Présentement, il y a sept Économusées en opération dans la région et deux autres en voie de le devenir. Au Québec, le Saguenay–Lac-Saint- Jean est le leader dans ce créneau et c’est le secteur agroalimentaire qui en compte le plus. Une particularité qui serait due aux efforts constants et persistants de nos artisans à faire valoir leur savoir-faire. Géographiquement, ces attraits touristiques sont répartis sur l’ensemble du territoire, étant pré- sents de la MRC Maria-Chapdelaine à la MRC du Fjord-du-Saguenay, en passant par la Ville de Saguenay et plusieurs municipalités entourant le lac Saint-Jean. «Un attrait touristique de la sorte pour une communauté, c’est très avantageux. On dénote un phénomène de boule de neige. C’est-à-dire qu’en devenant un attrait, une entreprise peut augmenter ses ventes, donc sa production. Elle devra alors embaucher davan- tage de ressources et solliciter davantage ses fournisseurs locaux. C’est l’ensemble de la population qui s’en retrouve gagnante», conclut le directeur général. Inf.: artisansaloeuvre.com/ Économusée : le potentiel touristique du savoir-faire parMaximeHébert-Lévesque mhlevesque@informeaffaires.com Carl-Éric Guertin, directeur général de la Société du réseau Économusée. (Photo : Courtoisie) La chocolaterie des Pères trappistes située à Dolbeau-Mistassini est un Économusée. En passant à la boutique, il est possible d’y obtenir de l’information sur l’histoire de l’entreprise ainsi que sur son savoir-faire. (Photo : Courtoisie)

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