Auteur

Karine Boivin Forcier

N.D.L.R. Le texte qui suit fait partie d’un dossier rédigé dans le cadre du cahier thématique dont le thème est : Informe Affaires : 15 ans à propulser les entreprises d'ici, publié dans notre édition du mois de juin.

SAGUENAY – L’histoire d’Informe Affaires a débuté en avril 2008 à Montmagny, avant que le concept ne s’étende au Saguenay–Lac-Saint-Jean en juin 2009. Si l’édition originale a fermé ses portes depuis, celle de la région occupe maintenant une place solide dans le paysage médiatique et poursuit sa croissance depuis 15 ans.

« Si Informe Affaires est encore là aujourd’hui au Saguenay–Lac-Saint-Jean, c’est parce qu’il est devenu une nécessité pour les gens d’affaires. Ça démontre que le besoin était là », assure le fondateur du journal, Michel Montmigny, toujours actif dans le monde des médias à Montmagny avec son entreprise CMATV.

Celui-ci avait d’abord lancé Informe Affaires pour créer un lien entre les organismes de développement économique locaux et les entrepreneurs. Il s’était alors associé avec Raynald Lavoie, qui était aussi chargé de cours pour le réseau des Universités du Québec. « C’est lui qui m’a suggéré de démarrer une édition dans votre région », raconte M. Montmigny.

Le journal était alors réalisé et imprimé à Montmagny. Afin de développer le média au Saguenay–Lac-Saint-Jean, le fondateur s’est allié à l’entrepreneur saguenéen Guy Bouchard en mars 2011. « J’avais une formation en journalisme, mais je n’avais jamais eu l’occasion d’en faire. J’avais toujours été dans les affaires, mais j’avais aussi fait de la rédaction à travers. Je voyais un potentiel énorme pour ce projet », révèle M. Bouchard, aujourd’hui coordonnateur du Comité de maximisation des retombées économiques régionales (CMAX).

Son arrivée a donné un second souffle à Informe Affaires. En effet, après la signature du protocole d’entente entre MM. Montminy et Bouchard, ce dernier a dû repartir de zéro, puisque l’équipe régionale en place pour les ventes venait de quitter. « J’ai engagé rapidement un représentant publicitaire et des pigistes pour m’aider », se souvient-il. Le volume du journal a ensuite augmenté à bonne allure. « Nous avions plus souvent des éditions de huit ou douze pages, mais nous sommes vite montés à 16 ou 24 pages. » De quelques parutions par année en 2009, Informe Affaires a accru la cadence pour devenir un mensuel à part entière au courant de 2011.

Changement de mains

Afin d’avoir plus de latitude pour le développement de l’entreprise, Guy Bouchard a finalement convaincu Michel Montminy de lui vendre Informe Affaires en novembre 2012. C’est à partir de ce moment que le journal a véritablement pris son envol pour devenir ce qu’il est aujourd’hui. « Guy a fait un travail incroyable pour faire progresser le média. […] Informe Affaires a beaucoup évolué et s’est toujours adapté aux changements », souligne M. Montminy.

Guy Bouchard affirme que le parcours du journal n’a pas toujours été facile. « Au début, quand on contactait des entrepreneurs, ils ne voulaient pas parler. Ils ne comprenaient pas ce que ça allait leur donner, ils avaient peur que des compétiteurs les repèrent, ils craignaient de mal paraître. Moi, je leur disais : tu as besoin de notoriété et tes employés, tes partenaires ou tes fournisseurs vont être fiers », dévoile-t-il.

Se démarquer

Selon M. Bouchard, c’est l’approche du média qui lui a permis de faire sa place et de se démarquer au Saguenay–Lac-Saint-Jean. « De donner de la visibilité à nos gens d’affaires et à nos décideurs économiques, de faire de la nouvelle positive, c’est un créneau qui a été gagnant. […] Notre but, c’est de faire découvrir les entreprises. Souvent, les entrepreneurs sont collés sur leur réalité et ne voient pas nécessairement qu’ils sont extraordinaires, qu’ils ont un produit fantastique ou une approche différente. Quand tu leur montres ça de l’extérieur […] ça crée une fierté », indique-t-il.

L’une des forces d’Informe Affaires est d’avoir toujours su s’adapter aux besoins des entrepreneurs, peu importe le contexte, croit l’ancien éditeur. « Il y a eu des années plus difficiles au niveau économique, mais nous n’avons jamais eu moins d’impact ou d’influence. »

Guy Bouchard a été renversé de voir le soutien apporté au média par la communauté d’affaires durant la COVID. « C’était la panique totale quand ils se sont mis à fermer les entreprises. Nous nous sommes demandé ce que nous allions faire. Nous préparions le journal d’avril avec un cahier thématique sur la forêt. Nous avons contacté nos partenaires et nos annonceurs et ils nous ont dit : on continue ! […] Nous n’avons presque pas senti la pandémie parce que les entrepreneurs, malgré ça, avaient besoin de se parler, de démontrer qu’ils étaient encore là », se rappelle-t-il.

Une relève

Vers 2015, la croissance s’est accélérée au point où Guy Bouchard a senti le besoin de développer un plan stratégique avec le soutien d’une firme externe. « Il fallait se repositionner parce que ça grandissait trop vite à ce moment. C’était dangereux », estime-t-il.

C’est là que la société d’accompagnement a suggéré à l’entrepreneur de penser à sa relève. Celle-ci s’est concrétisée avec Maxime Tremblay qui a joint l’équipe en 2016, puis repris l’entreprise à 100 % en 2022. « J’ai laissé le journal entre de bonnes mains. Pour moi, c’était extrêmement important que ça continue parce que c’est unique d’avoir cet outil-là dans la région », conclut M. Bouchard.

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