Auteur

Louis Potvin (Journaliste de l'Initiative de journalisme local)

MASHTEUIATSH – L’usine de BioChar Borealis devient une vitrine technologique pour l’ensemble de la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean et les deux pyroliseurs sont maintenant en fonction.

« Nous avons signé une entente avec toutes les MRC et la ville Saguenay pour développer cette filière pour l’ensemble de la région et non seulement pour la MRC du Domaine-du-Roy et la communauté de Mashteuiatsh. Ce qui est était logique dans les circonstances, vu le potentiel de développement pour le biochar », mentionne le président de l’organisme, Mario Gagnon.

Ainsi, le projet pourra recevoir une aide financière de 700 000 $ du gouvernement du Québec pour la poursuite du projet et l’embauche d’un démarcheur pour dénicher des clients et développer le marché.

Il s’agit d’un produit qui doit se faire connaître et il faut démontrer que son utilisation devient intéressante pour certaines utilisations comme la fertilisation, le filtrage ou de la litière. »

Retard

Dans les installations de Mashteuiatsh, on retrouve deux pyroliseurs. Un de petit diamètre qui permet de faire des expérimentations. Le plus gros sert à produire dans un contexte commercial pour s’assurer que le biochar possède les mêmes propriétés que ceux fabriqués en petite quantité. La livraison du plus gros pyroliseur a pris plus de temps que prévu en raison d’une pièce manquante. Cependant, depuis un mois, les opérations sont amorcées et l’usine peu enfin produire à une cadence plus soutenue.

C’est l’organisme Agrinova qui assure le développement des recettes et le suivi technologique nécessaire à la fabrication. Déjà, plusieurs projets sont en cours. « Notre vitrine est là pour développer la filière et intéresser des entreprises à se lancer dans le domaine et l’ajouter à leur production. C’est un produit à grande valeur ajoutée qui peut se vendre entre 700 et 800 $ la tonne. »

Produit d’avenir

Dans le contexte où certains produits du bois sont en baisse de demande, comme le papier, le biochar peut devenir une solution de rechange pour valoriser les copeaux et les résidus forestiers. D’autant plus que le projet vise aussi à produire de la biohuile.

Mario Gagnon indique que des tests sont actuellement faits pour incorporer du biochar pour faire de l’amendement de sol, notamment pour revitaliser des sites miniers. Les propriétés permettraient une meilleure rétention d’eau et favoriseraient la croissance des arbres. « Le biochar pourrait aussi remplacer la perlite que l’on retrouve dans les terreaux. Les possibilités sont nombreuses, mais il ne faut pas s’éparpiller et cibler les secteurs les plus prometteurs. »

À propos

L’utilisation du biochar est considérée comme un moyen de lutter contre les changements climatiques tout en améliorant la fertilité des sols et le rendement des cultures.

Issu d’un partenariat entre Pekuakamiulnuatsh Takuhikan et la MRC Domaine-du-Roy à la suite à l’initiative de la Filière forestière des Premières Nations du Québec (FFPNQ), l’organisme vise la valorisation des résidus forestiers (sciage et biomasse forestière) par une technologie novatrice de conversion thermochimique et la mise en place d’un réseau d’entreprises qui constitueront une filière de production et de commercialisation de biochars et de bioproduits dérivés à haute valeur ajoutée. Le biochar (aussi appelé biocharbon) est un charbon végétal produit par pyrolyse de biomasse.

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