Jonathan Thibeault
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Jonathan Thibeault

ALMA – Selon Éric Dufour, vice-président régional et leader national en transferts d’entreprises chez Raymond Chabot Grant Thornton (RCGT), la région éprouve un retard de 10 ans en termes de transferts d’entreprises, en considérant l’âge moyen de la population. Afin de sensibiliser les entrepreneurs sur l’importance de bien planifier sa relève, une cohorte de 25 personnes de la communauté d’affaires d’Alma et les environs ont discuté, le 19 septembre dernier, des différents enjeux et ont été rassurées par cette étape cruciale dans la vie d’une compagnie.

Faisant partie de la trentaine de formations MPA offertes par le ministère de l’Économie, des sciences et de l’innovation; en partenariat avec le Centre de transfert d’entreprise du Québec, la demi-journée qui s’adresse autant aux repreneurs qu’au cédant est une occasion d’en apprendre davantage sur le transfert d’entreprises. Éric Dufour souhaite d’ailleurs rassurer les gens dès le départ. « Lorsque l’on parle de transfert des actifs à quelqu’un d’autre, on ne parle pas d’une cession immédiate. Il ne faut pas voir cela comme une fatalité. Le processus rigoureux prévoit une transition de trois à dix ans, ce qui permet entre autres l’intégration et le transfert de connaissances avec le repreneur. C’est pourquoi il est important de se préparer tôt, au moins 10 ans à l’avance », mentionne-t-il.

Processus accessible à tous

Selon les statistiques fournies par le principal intéressé, 66 % des cessions d’actifs sont réalisées à des personnes en dehors du cercle familial. « Lors de ma formation MPA, je démontre aux gens d’affaires qu’il est possible d’assurer la continuité d’une organisation en n’étant pas dans la parenté de l’actuel propriétaire. C’est même ce qui se produit la majorité du temps », soutient celui qui a donné une centaine de conférences sur le sujet dans les 15 dernières années.

Les PME et le repreneuriat en chiffres

  • Les petites et moyennes entreprises contribuent à 50 % du PIB et des emplois du Québec
  • 85 % des compagnies québécoises sont familiales
  • 66 % des transferts sont réalisés hors famille

Croissance

Étant donné qu’un plan de relève est un investissement important pour les entreprises, Éric Dufour observe que les entreprises qui s’engagent dans un tel processus vivent une croissance économique, ce qui est profitable selon lui. « Il y a des avantages intéressants pour les organisations, car c’est une période charnière qui est assurée par la croissance et l’innovation. Au final, la compagnie se retrouve avec un plan d’affaires amélioré », explique-t-il.

« Il y en a de la relève »

Questionné sur le fait que certains propriétaires d’entreprises affirment cesser leurs activités faute de relève, monsieur Dufour explique qu’il s’agit d’une fausse croyance. « Ce n’est pas qu’il manque de repreneurs, il y en a. Il suffit de chercher au bon endroit. Si je prends exemple de RCGT, nous possédons une banque privée – le Centre de transfert d’entreprise et d’autres organisations également – qui contient autant des profils d’entrepreneurs désirant transférer leur organisation que des gens qui veulent reprendre les activités de celles-ci. Lorsque l’on entend ce prétexte, c’est peut-être une question de méconnaissance. Les conférences MPA servent aussi à démystifier cela », commente-t-il.

Lors de cette demi-journée de formation qui a eu lieu à l’Hôtel Universel, Éric Dufour a monté un plan de relève, a donné des trucs et astuces pour un transfert efficace et a présenté un portrait du repreneuriat. « Il s’agit d’une formation de grande valeur. En étant un groupe restreint, nous pouvons avoir des échanges très pertinents », conclut-il.

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